Les maladies de la prostate influencent la vie sexuelle du patient et peuvent provoquer des troubles de l’érection. Que la maladie soit infectieuse, inflammatoire ou cancéreuse, le fonctionnement de l’appareil génital masculin peut être altéré. Les maladies cancéreuses affectent davantage la fonction érectile que les maladies non cancéreuses.

Les maladies de la prostate et leur impact sur la sexualité

Les différentes origines des troubles sexuels

Les troubles sexuels engendrés par les maladies de la prostate peuvent avoir trois origines.

Les troubles psychologiques

La psychologie est fondamentale dans les troubles de l’érection. Le patient est naturellement angoissé par sa maladie, c’est d’autant plus vrai si la maladie est cancéreuse. Il est important que le médecin accompagne son patient et le rassure sur ces capacités.

Les troubles engendrés par la maladie elle-même

Une maladie de la prostate peut engendrer des douleurs récurrentes lors de l’éjaculation. Elle provoque également des troubles du sommeil qui épuisent le patient.

Les effets secondaires du traitement

Le dysfonctionnement peut être dû à un effet iatrogène, c’est-à-dire provoqué par les médicaments et le traitement.

Les maladies de la prostate non cancéreuses et les conséquences sur la fonction sexuelle

Il existe différentes maladies de la prostate qui ne sont pas cancéreuses : prostatite aiguë, prostatite chronique, prostatodynie (qui engendre une douleur chronique) et HBP, c’est-à-dire Hypertrophie Bénigne de la Prostate (également appelée adénome prostatique ou adéno-myofibrome prostatique).

Ces maladies engendrent des troubles de l’érection et de l’éjaculation dont les causes correspondent aux trois origines décrites ci-dessus. C’est aussi la vie quotidienne qui est affectée par les troubles urinaires, ainsi que la perte du désir.

L’HBP est la plus susceptible d’entraîner des troubles de la fonction sexuelle. Elle touche plus de la moitié des hommes de plus de 50 ans et, parmi eux, 90 % souffrent de problèmes urinaires. Les troubles urinaires sont deux fois plus fréquents chez les hommes présentant des troubles de l’érection.
Près de la moitié des hommes touchés par l’HBP font face à des troubles érectiles qui se constatent avec une rigidité moindre, voire une absence totale d’érection. Plus de la moitié des patients voient le volume de leur sperme se réduire et 7 % affirment ressentir de la douleur lors de l’éjaculation. Ces troubles engendrent aussi une baisse du plaisir.

Jean Frichet nous parle de la prostate

 

Les traitements des maladies de la prostate non cancéreuses

Les traitements médicamenteux proposés aux patients souffrant d’une maladie non cancéreuse de la prostate n’ont que très peu d’influence sur les troubles érectiles.
L’HBP peut être soignée par un traitement chirurgical qui n’a pas non plus d’influence sur l’érection. Lors de l’intervention, le chirurgien ne touche pas aux corps ni aux artères et nerfs de l’érection.

En revanche, le traitement chirurgical engendre la perte d’éjaculation par les voies naturelles. Les trois quarts des patients ont ensuite une éjaculation rétrograde, ce qui signifie que le sperme part en direction de la vessie, plutôt que d’aller vers l’urètre. Cependant, le patient ne devient pas stérile pour autant.
Globalement, les hommes touchés par l’HBP poursuivent une vie sexuelle inchangée.

Le cancer de la prostate et la vie sexuelle

Lorsqu’il est détecté précocement, le cancer de la prostate se soigne bien. Cependant, il exerce une influence beaucoup plus néfaste sur la sexualité. Les troubles de l’érection proviennent de la maladie elle-même, mais aussi du traitement.

L’effet iatrogène prédominant

Les troubles sexuels liés au cancer de la prostate proviennent des trois origines décrites en début d’article : psychologique, maladie et traitement. Toutefois, l’effet iatrogène est prédominant. Les troubles sexuels augmentent de façon très significative dès le début du traitement.

Les soins prodigués engendrent des lésions neurologiques sur les nerfs érecteurs, vasculaires sur les artères à visée érectile et tissulaire, avec la fibrose des tissus érectiles (reproduction anormale de leurs fibres). Le cancer de la prostate peut aussi provoquer des lésions anatomiques, lors de l’ablation de la prostate et des vésicules séminales.

Il faut aussi compter avec les troubles psychologiques d’un patient angoissé par le cancer et perdant tout désir sexuel.
Il est important que s’instaure un dialogue entre le médecin et son patient, afin que le traitement soit adapté en fonction des troubles ressentis par le patient.

L’âge du patient déterminant

Plus un patient est jeune, moins ses fonctions érectiles sont altérées.

Article actualisé en octobre 2021 par Bivea